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Commentaires / Recommandations de l’Étude d’eutrophisation 2008

Madame St-Cyr a donné suite à des questions sur son étude d’eutrophisation posée lors de sa présentation à l’assemblée générale de 2008.

Le lac Charlebois

Un herbier diversifié, qui a d épassé le stade de la couverture par l’unique Eriocaulon, est recensé autour du lac. Excepté au transect 7 où la pente est abrupte, il y a accumulation de sédiments qui permet l’établissement de la pontédérie, qui est une plante émergente, et/ou de la brasénie, une plante à feuilles flottantes, accompagnées de plusieurs potamots et du myriophylle blanchissant, et ceci dans le premier mètre de profondeur. Une couche d’algues (périphyton) sur les roches et autres matériaux inondés (ex. le bois) a été noté partout dans le lac, accompagnés souvent d’amas d’algues filamenteuses vertes, flottant entre deux eaux ou accrochées aux tiges des plantes supérieures.
Au transect 1, à la décharge, une bonne couverture végétale sépare la route du lac. Cette couverture végétale, qui n’ a peut-être pas toujours été là, devrait être maintenue et densifiée.
Au transect 2, une grande bande de sable, en provenance fort probablement de la route, s’est accumulée à la sortie du ruisseau dans le lac. Ces accumulations remplissent le fond des baies et favorisent le développement d’herbiers émergents, ici de la pontédérie. Il faudrait voir à diminuer cet apport en sable au lac. De même au transect 5 où une accumulat ion de 1,50 m de sédiment a été mesurée à 1 mètre de profondeur d’eau; un effet combiné de matières organiques en provenance du tributaire, et du déboisement, (présence entre autre de muret) pourrait expliquer cette grande accumulation.
En général, les rives du lac sont bien boisées, ce qui permet une bonne filtration de l’eau qui arrive du bassin versant, lors des pluies par exemple, pour retenir toutes les mat ières, organiques et inorganiques, avant que l’eau n’arrive au lac. Il y a cependant quelques exceptions. Face au transect 4, là où ne devrait pas se retrouver plus de sédiment accumulé qu’au transect 3, il y a une accumulation qui va jusqu’à l’établissement de la pontédérie, face à des terrains gazonnés, sur des pentes accentuées.

Le Gouvernement du Québec a une Politique de protection des rives, du littoral et des plaines inondables qui prévoit, afin de minimiser l’érosion des berges et l’accumulation de sédiments dans les lacs et les cours d’eau, une bande de protection riveraine d’un minimum de 10 à 15 mètres, selon la pente de la rive (calculée à partir de la ligne des hautes eaux; dans le cas de ces pentes accentuées, un minimum de 15 mètres est de rigueur), où la végétation doit être maintenue dans un état naturel (incluant des plantes herbacées, des arbustes et des arbres).  Cependant, une ouverture de 5 mètres peut-être pratiquée pour permettre l’accès au lac.

Cette bande de protection riveraine doit être présente tout autour du lac, de même que le long des tributaires qui se jettent dans le lac. Les murets sont à proscrire puisqu’en plus de ne rien filtrer, ils réchauffent l’eau et favorisent ainsi la pro lifération des algues, ceci tout autour du lac et le long des tributaires qui se jettent dans le lac.  Il ne s’agit pas de détruire les murets existants mais de les recouvrir de plantes ligneuses qui les cacheront complètement.
Les grandes étendues gazonnées, surtout sur des terrains en pente abrupte, ne devraient pas exister autour d’un lac. Naturellement, les engrais pour maintenir ce gazon vert et dense sont complètement à proscrire , à cause des apports en phosphore au lac.
Il y a beaucoup d’algues dans le lac, ce qui signifie une entrée de phosphore dans les eaux du lac. Les sources de phosphore sont nombreuses:

  • les engrais (à proscrire d ans les premières couronnes autour d’un lac) ;
  • les fosses septiques non conformes qui rejettent des eaux usées riches en phosphore dans le lac. Il ne s’agit pas seulement des eaux provenant du cabinet de toilette, mais aussi les autres eaux usées de la maison, comme celles en provenance de la laveuse à vaisselle et du lavabo de la cuisine, qui se dirigent parfois directement dans le lac. Les fosses septiques doivent se conformer au Règlement sur l’évacuation et le traitement des eaux usées des résidences isolées du Gouvernement du Québec;
  • le relarguage du phosphore par les sédiments du fond du lac, lorsqu’il n’y a plus d’oxygène dans l’hypolimnion;
  • les zones inondées, entre autres par les barrages de castors.  Cette dernière source de phosphore, en provenance de zones inondées par des barrages de castors, est problématique au lac Charlebois. Lorsqu’une bande de terre ou de forêt de part et d’autre d’un ruisseau est inondée suite à un barrage de castors, la matière organique qui s’y trouve (humus, arbres, plantes) meure, se décompose et relargue ne grande quant ité de phosphore. Ainsi, au transect 2, une grande zone a été inondée de l’autre côté de la route, où l’on voit plusieurs arbres morts. Récemment, ce barrage a été défait pour rétablir la circulation normale du ruisseau. Si le ruisseau continu à circuler librement, et donc que le barrage n’est pas refait, les zones inondées vont s’assécher et la forêt va reprendre sa place. Si les castors venaient à vouloir refaire le barrage, des moyens comme l’installation d’un cube Morency (voir le Guide d’aménagement et de gestion du territoire utilisé par le castor au Québec) pourrait être utilisé pour éviter que de grandes parties de forêt soit de nouveau inondées.

Le lac Des Sommets

D’autre part, le lac des Sommets est un lac artificiel dont le niveau de l’eau est maintenu élevé à cause d’un barrage de castors. Le même raisonnement s’applique. Les berges inondées par cette retenue des eaux sont une source de phosphore (qui ne se tarira pas avant de très nombreuses années) pour le lac des Sommets et pour le lac Charlebois dans lequel il se jette.

En conclusion

Une mesure de la concentration en phosphore total dans les tributaires (les ruisseaux qui arrivent au lac Charlebois) au printemps, alors que les ruisseaux coulent beaucoup, que les concentrations sont souvent
maximales et que le lac des Sommets aurait toutes ses eaux mélangées, pourrait indiquer où sont les principales sources de phosphore qui arrivent au lac. Au lac des Sommets, l’échantillon pourrait être pris dans les eaux de surface du lac, juste avant qu’il ne se déverse dans le lac Charlebois.

 

Ce article est également disponible en English.

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